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LE DAF

Le daf est un grand tambour sur cadre de la tradition persane utilisé pour accompagner la musique iranienne, mais qui est aussi utilisé (sans anneaux) du Moyen-Orient jusqu’à la Sibérie en passant par l’Asie centrale.

Le daf est apparenté à de nombreuses percussions sur cadre, et est sans doute à l’origine d’une famille de percussions qui a gagné l’Europe au Moyen-Age, et qui est encore joué aujourd’hui en Espagne, au Portugal et au Brésil sous le nom de « adufe ». Il est joué depuis au moins 2500 ans.

daf-instrumentIl est constitué simplement d’un cadre en bois de forme circulaire, sur le quel est collée une peau animale (souvent de chèvre), et auquel s’ajoute des guirlandes d’anneaux pour procurer des tintements. La cadre a souvent un trou ou un creux pour le tenir.

Le daf se joue soit assis soit debout. On le tient verticalement posé sur la main et on le frappe avec la main droite (à plat ou en pointe) au centre, les doigts de la main droite au bord le plus proche de soi, et les doigts de la main gauche , au bord où ils tiennent l’instrument. On peut ensuite faire jouer les anneaux en penchant en avant ou en arrière l’instrument, pour la claquer contre la peau, et on peut aussi le faire sauter en l’air, en le maintenant ou non, pour le tintement des anneaux seuls. Le jeu est très complexe et assez physique.

Le daf était l’instrument principal de la musique classique persane avant d’être supplanté par le tombac. La puissance de ses sonorités graves et profondes en fait l’instrument des cérémonies soufies par excellence. Il est vénéré et sa peau peut être calligraphiée et peinte.

LE TOMBAC

Le tombac est un tambour à une peau, dont la caisse cylindrique large et courte se rétrécit net en un pied légèrement évasé à la base. Il appartient à une famille de percussion largement répandue au Moyen-Orient et en Afrique du nord sous le nom de derbouka.

tombak-percussion-instrumentEn Iran, il est souvent tourné dans un tronc de murier ou de noyer. Sa membrane, collée, est de peau d’agneau.

On tient le tombac horizontalement, l’avant-bras gauche reposant sur la caisse et la maintenant sur le genou gauche, tandis que l’on frappe la peau des deux mains.

Le tombac est la percussion principale de la musique classique iranienne.

La technique de ce tambour exige une souplesse exceptionnelle du poignet, et une grande virtuosité digitale, faisant de cette percussion un instrument très riche et expressif, ayant un rôle quasi mélodique.

Le tombac à en effet un rôle d’accompagnement en contrepoint rythmique de la mélodie, ce qui exige au musicien une grande connaissance du répertoire classique persan.

LE NEY

Sous ce nom qui signifie « roseau », on désigne une famille de flutes sans embouchure, faite généralement d’une seule tige de roseau, et qui est la flute la plus courante du Moyen-Orient. On a retrouvé des représentations du ney dans des tombeaux égyptiens datant de 3000 ans avant J-C, ce qui en fait un des plus anciens instruments de musique encore pratiqué.

ney-instrument-musiqueLe roseau, qui doit avoir six noeuds est percé de six trous dont un postérieur. Il n’a pas de sifflet mais une embouchure terminale simple habituellement renforcée avec un anneau en métal.

Le ney persan, à la différence du ney turc ou arabe, ne se place pas sur la lèvre, mais entre les dents supérieures, en dirigeant l’air avec la langue. Cette technique plus difficile, que les Iraniens partagent avec les Tatars, Kazakhs et Kirghiz, produit un son plus riche et plus puissant, surtout dans le grave.

Le ney est joué aussi bien dans le répertoire classique que populaire, et représente la tradition mystique en ouvrant traditionnellement la cérémonie des derviches tourneurs.
Rumi, le grand poète et fondateur de l’ordre des derviches tourneurs a comparé le ney à la l’âme humaine :

« Ecoute le roseau, sa plainte nous parle de séparation.
Depuis qu’on ma’a coupé de la jonchaie, mon souffle fait gémir les hommes.
Je veux un coeur déchiré par l’exil pour lui conter la douleur du désir(…) »

LE SETÂR

Ce petit luth à long manche doit son nom à ses trois cordes métalliques (qui signifie littéralement « trois cordes »), bien qu’il en compte quatre aujourd’hui. La quatrième corde, ajoutée au XVIIIème siècle a fonction de bourdon.

setar-instrumentLe setâr est un instrument très ancien, mentionné dans la littérature et la poésie depuis le XIIème siècle au moins. Il est l’instrument d’accompagnement par excellence de la poésie persane.

Il se compose d’une caisse de résonnance arrondie composée de fines bandes de bois (de hêtre ou de murier) lamellée-collée. La table d’harmonie en hêtre est très fine et percée de toutes petites ouïes. Le manche, long et fin est en fruitier ou noyer et les quatres chevilles en buis.

L’instrument possède 25 à 27 frettes disposées de manière non régulière et permettant de jouer les quarts de tons. Malgré son faible encombrement, il est assez sonore.

Le répertoire du setâr est essentiellement celui de la musique classique persane, jouée dans le cadres intimiste des salons.

LE KAMANCHEH

Cette viole à pique est largement répandue dans tout l’est du monde musulman. Comme le violon qu’il remplace parfois, le kamancheh (ou kamânche) a une vocation universelle. On le trouve sous différentes formes de l’Egypte (rabâb), jusqu’à l’Indonésie et la Chine. Le mot « kamancheh » désigne à l’origine l’archet (« petit arc »), avant de donner son nom à l’instrument lui-même.
kamanche-instrumentLe kamancheh est très souvent représenté sur les miniatures persanes.

Sa caisse de résonance sphérique est faite de bois tourné, ou de lattes de bois, ou parfois d’une courge. Sa table est toujours en parchemin (peau de poisson, chèvre ou autre). Certains auteurs anciens affirment que ses trois cordes étaient autrefois en soie. Depuis le début du XXème siècle celles-ci sont désormais en métal.

Le manche rond et sans frettes se prolonge dans la caisse au moyen d’une barre de métal (ou de bois), qui la traverse d’une extrémité à l’autre, et qui assure la solidité de la structure, tout en servant de pique pour maintenir l’instrument verticalement. Sur le haut du manche, trois grandes chevilles sont fixées latéralement, et permettent d’accorder l’instrument.

Le kamancheh est l’instrument universel du monde persan, il est joué autant dans les assemblées populaires, que dans les festivités royales.