Livre d’or

Proposer un témoignage

Les danseurs relatent leur expérience

Claudine : « Il y a donc pour chacun toujours une marge de progression dans son travail »

Je suis l’enseignement de Rana depuis plusieurs années, pas de façon assidue, puisqu’il m’arrive d’avoir des périodes d’interruption mais j’aime revenir notamment suivre ses stages de danse soufie, c’est comme un rituel mais surtout un besoin. Pourquoi ce besoin ?
Il tient certainement à la personnalité de Rana. L’exigence de Rana est sans limite, il y a donc pour chacun toujours une marge de progression dans son travail. Si l’on est disposé à évoluer dans sa proche recherche, Rana va nous accompagner.

La richesse de l’enseignement de Rana tient entre autres, au fait qu’elle ne dissocie jamais la pratique de la danse et l’origine et la signification des danses d’Iran. Elle amène donc ses élèves à donner une signification à leurs gestes, qu’ils soient épurés pour la danse soufie ou plus symboliques et stylisés pour les danses persanes et afghanes.Je continue à rechercher dans la danse avec le travail de Rana, une simplicité dépouillée de tout artifice et j’ai encore du chemin…

Leyla : « la danse soufie a donc changé ma vision de la danse »

La danse soufie m’a ouvert les yeux sur une autre manière de concevoir la danse. Je me suis lancée dans le stage de danse soufie en août 2015 en ayant assez peu d’expérience de la danse et jusque là. Danser revenait surtout, dans la façon dont je me représentais l’acte de danser, à produire un effet esthétique. Sans m’en rendre compte, j’associais la danse au domaine du profane et de l’apparence et, même si j’avais déjà entendu que la danse soufie présente un aspect plus spirituel, je ne savais pas concrètement comment le comprendre. Souvent, on danse pour réaliser de beaux mouvements, et souvent dans un cadre où la séduction a un rôle à jouer, comme dans un bal ou une boîte de nuit.

Et plus spécifiquement lorsqu’il s’agit de danseurs professionnels qui dansent pour un public à l’occasion d’un spectacle, je me disais que la danse était avant tout le résultat d’une technique et d’un travail rigoureux. Or la danse soufie m’a permis de réaliser que danser, ce pouvait aussi être un langage, une manière de s’exprimer et d’extérioriser ce qui nous habite. Le travail, la technique et la rigueur n’en sont pas moins présents, mais ils ne suffisent pas. Tel que je l’ai ressenti, ils sont simplement au service de la danse, cependant ce qui permet à la danse soufie d’être ce qu’elle est réside plutôt dans une attitude d’écoute et d’ouverture qui intervient quand on rentre dans le samâ. Du profane, on passe alors au sacré ; de l’apparence, à l’intériorité et au ressenti. La danse soufie a donc changé ma vision de la danse.

Or j’ai pu remarquer aussi, en parlant de la danse soufie autour de moi, que de nombreuses personnes s’en font une représentation selon moi erronée. Le mot « transe » associée à la danse soufie, en donne une image qui ne correspond à ce que j’en ai expérimenté. Avec ce mot, on s’imagine que la danse soufie rime avec délire, état de possession ou recherche de sensations fortes. En fait la danse soufie pour moi rime simplement avec la joie de danser!

Durant le stage, nous avons appris que tourner sur soi-même, comme une toupie, était en fait un mouvement universel, que l’on retrouve dans de nombreuses traditions, bien avant que le soufisme ne fasse son apparition en tant que tel. C’est aussi le mouvement que font spontanément les enfants quand on leur demande de tourner, et les danses en cercle sont également très anciennes. Peut-être cette joie de danser en tournant sur soi-même et parfois aussi en cercle s’explique-t-elle simplement par la spontanéité de ces mouvements ? Leur présence à la fois dans d’anciennes traditions et, de façon plus désordonnée, dans les mouvements que font les enfants, montrent peut-être à quel point ces geste sont inscrits en nous, comme ils sont « naturels ». Et il m’a semblé que l’aspect spirituel de la danse soufie vient justement de ce retour à la spontanéité, au naturel et à la joie d’un enfant qui se met à danser. Il ne s’agit pas de spiritualité au sens d’un ésotérisme hermétique, mais au sens de la simplicité et de la joie. Mais cela n’exclut pas le travail technique au sein d’une recherche d’équilibre constante : la spontanéité n’est pas le chaos et la confusion, elle s’épanouit justement parce qu’elle s’appuie sur des bases solides. Apprendre l’équilibre dans le mouvement devient donc essentiel pour pousser au plus loin l’expérience de la danse du tour.

Pour conclure ce petit témoignage, je dirais que la danse soufie m’a permis, grâce à un langage nouveau pour moi, d’extérioriser un ressenti que je n’ai pas toujours l’occasion de mettre en avant, tout en harmonie avec les personnes et l’atmosphère ambiante. Et si je devais définir mon expérience de la danse soufie en quelques mots très brefs, j’utiliserais ceux-ci : écoute de soi, écoute des autres.

Florence : « la passion ne peut brûler et nous transporter que si nous acceptons le feu de la discipline »

On dit que Rûmi racontait cette histoire :
« Un pois chiche tente de sauter hors de la casserole où il est en train de bouillir, et s’insurge : Pourquoi me fais-tu cela ?
Le cuisinier le ramène d’un coup de louche dans l’eau bouillante.
-Ne cherche pas à t’échapper. Tu crois que je te torture ? Je suis en train de te donner du goût : une fois mêlé au riz et aux épices, tu seras une délicieuse source de vitalité pour un être humain.»
(Extrait de Women called to the path of Rumi. Shakina Reinhertz. HohmPress. 2001. p.200)

Apprendre le Samâ avec Rana, c’est faire l’expérience de ce petit pois chiche soucieux d’échapper à la souffrance, cherchant à sauter par-dessus bord quand l’inconfort est trop grand… Mais l’exigence, la discipline offertes par Rana nous ramènent dans la casserole : nous ne goûterons pas la saveur ineffable du Samâ sans aller juste un peu… beaucoup… passionnément… au-delà de la zone de confort.

Son exigence n’a d’égale que sa générosité et sa passion ; ainsi seulement la regarder « travailler » avec quelqu’un est déjà extraordinairement enthousiasmant. L’ardeur de ses encouragements et de sa présence soutenue, pour faire faire à la danseuse (au danseur) une expérience inédite lui donne à goûter les multiples saveurs du Samâ, et nous –les autres danseurs/ses- immobiles sur le bord du cercle où tourne la danseuse accompagnée par Rana, nous respirons aussi le parfum subtil du Samâ.

Avec l’enseignement de Rana, nous intégrons par l’expérience, que la passion ne peut brûler et nous transporter que si nous acceptons le feu de la discipline.Ainsi au-delà d’une pratique technique des tours, ou d’une pratique dite « soufie », nous rejoignons le courant souterrain de toutes les traditions qui peuvent faire vivre, vibrer et chanter notre âme dans le monde.« Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :Mais l’amour infini me montera dans l’âme. »(Rimbaud. Sensation.)

XXX : « elle nous guide là où il est possible de se dépasser »

L’exigence, la détermination et la rigueur, rien n’est laissé au hasard par Rana. Expérimenter au-delà de ce que je pensais possible, en passant par des moments de nausées, de peur, de fatigue, Rana ne nous lâche pas. J’ai confiance, Rana respecte mes limites et ne met personne en danger, elle nous guide là où il est possible de se dépasser.

Les heures s’écoulent, je tourne, nous tournons sans perdre le nord, sans se perdre, bien au contraire, nous tournons sur notre axe afin de nous reconnecter, nous recentrer. En peu de temps chacun évolue à son rythme. A la fin d’une semaine de stage, les néophytes tournent, c’est impressionnant.

De son large sourire, raffinée et délicate, elle nous accueille dans un lieu magique en pleine nature et pense à tout, tant du point de vue lieu, nourriture, que son enseignement.
Nous sommes là pour travailler accompagnés de musiques prenantes et d’un musicien professionnel.

Depuis le stage d’été, je ressens que ma danse a pris de la puissance, j’ai encore beaucoup de chemin à parcourir et désire poursuivre cet apprentissage. J’avais besoin de rencontrer une personne comme Rana.
C’est comme une traduction en geste d’émotions, de pensées ou de choses qui m’habitent sur le moment ou depuis longtemps. Simultanément, tout ce qui m’entoure m’influence et m’enrichit. C’est une double découverte, intérieure et extérieure.

Lors des ateliers, nous ne sommes jamais placés en situation de performance ou de compétition. Rana nous invite petit à petit à nous connaître davantage ainsi qu’à repousser nos limites à partir de ce que nous sommes capables de faire. De temps en temps, elle nous place dans une situation plus difficile pour que nous progressions. D’autre part, Rana nous parle sans ambages des différents symboles existants dans le soufisme, des liens entre cette danse et la poésie, les éléments, le mouvement des planètes, les couleurs, la musique etc., de Chams, de Rûmi, du divin, sans intervenir sur ce que l’on pense à propos de Dieu.

A partir de cela, libre à chacun d’interpréter et d’exprimer ce qui l’anime. Un peu comme en musique où à partir de sept notes on compose une mélodie, on crée une danse à partir de sept gestes. Les possibilités sont infinies

Tiziana : « le Samâ est désormais devenu ma prière »

Nous ne nous dirigeons jamais par hasard quelque part, mais c’est le Destin qui nous guide tous. C’est grâce à ça que j’ai rencontré Rana, d’abord la danseuse, et après Rana mon maître de danse soufie, cela pour dire mon guide aux racines du mouvement.

Moi, j’ai toujours aimé danser, c’est une nécessité de mon corps, un besoin qui me donne liberté et joie, mais un jour j’ai compris que j’étais en train de chercher une explication, bref, l’essence et l’origine de tout cela.
Mon amour pour l’Iran, sa musique et sa danse, pour la poésie persane et son lien avec la spiritualité et le soufisme…le Destin m’a amené à mon premier séminaire, août 2015.

Crest – ça veut dire être immédiatement touchée par deux choses : un carrefour et une petite colline, métaphores de mon état d’esprit à ce moment de ma vie ; la nécessité de faire un choix et parcourir un chemin pour s’élever.
A vrai dire, pendant cette semaine, j’ai vécu des expériences qui sont difficiles à expliquer avec des mots ; je voulais aller au-delà de ma danse et je me suis trouvée face à moi-même : une âme qui se cherche. La voie est longue, les difficultés et les obstacles sont toujours là.

En vivant un séminaire ou un atelier de danse soufie le travail est fatigant et on connait la peur, oui, la peur du vertige, de tomber, de vomir l’âme…c’est pour ça que l’on doit faire confiance au maître. Rana a été toujours chez mon corps et mon esprit avec un regard, un mot, le silence qui parle ; même la présence d’un groupe (très important) m’a aidée. Parfois j’ai eu envie d’aller jusqu’au bout de la colline au pas de course, mais il faut ralentir et surtout avoir humilité (Une belle leçon pour moi).

Alors seulement on arrive à comprendre comme la préparation physique, la méditation, les yeux fermés, les souffles, les battements du coeur au son du daf et du ney, m’ont mené au Samâ, à la danse sacrée et puis c’est le plaisir de tourner (« Trouve-le, Tiziana ! »), d’être une lanterne magique.

Après mon premier séminaire beaucoup de choses dans ma vie ont changé, le Samâ est désormais devenu ma prière et j’ai toujours besoin de mon maître qui, je le sais, est là.
Sur le chemin, avec ma jupe et mon daf, je suis à l’écoute…

Sonia : « j’avais ce besoin de développer la puissance, d’oser perdre mes repères »

Dans le cadre de la danse soufie, Rana a une manière tout à fait particulière de transmettre son art. Et c’est quelque chose de très intéressant pour celui ou celle qui se sent appelé à l’étude de cette danse.
Rana donne et demande beaucoup en retour, et c’est justement cette exigence qui va permettre le dépassement des acquis, des sécurités, des habitudes, des conforts, d’aller toujours plus loin, au-delà de ses propres limitations. Rana ne lâche jamais…

Une grande qualité pour un enseignant. Ainsi, cet esprit de rigueur accompagne toute sa transmission qui s’exprime à travers : l’ancrage, la technique, l’exploration, la créativité… pour ce qui est des grandes lignes.
Lorsque j’ai rencontré Rana, j’avais ce besoin d’être plus ferme dans mes appuis, d’ancrer la technique, de développer la puissance, d’oser perdre mes repères. Rana m’a accompagné sur ce chemin et je lui exprime aujourd’hui toute ma reconnaissance.

Mathilde : « ce que je vis chaque jour depuis que je suis rentrée est indicible »

J’ai un feu brûlant dans ma poitrine après le stage.
Pendant ce cycle, je suis passée par tous les états possibles, de la peur profonde à pure volonté mais impuissance mais aussi colère comme joie : la volonté pure quand je souhaite que la jupe tourne et qu’elle me parait tellement lourde ; la peur profonde quand je suis confronté à aller dans une unique direction ; colère contre cette jupe qui ne veut toujours pas tourner et qui me déconcentre ; la joie de ne plus être, de n’être qu’axe Terre-Ciel, de cette liberté ; l’abandon dans la chute.

Quand je quitte mon chemin ou que je refuse celui-ci ou que je vais trop loin, au-delà de mes limites, le feu m’a toujours brûlée à un niveau physique (chutes, burn out, ampoules sur-infectées). Cela me fait du bien de vivre le feu dans un cadre où je peux m’abandonner complètement en « sécurité » pour aller plus loin. Quelle joie de retrouver une communauté de danseurs de la vie et de partager cette Joie dans la danse ! Je sens que cela va aussi vraiment enrichir ma pratique personnelle. Cela me donne envie d’aller plus loin dans le chemin de la danse mais je ne sais pas encore comment et où.
Ma vie a déjà changé.
Je tourne toutes les nuits en rêve.

Ce que je vis chaque jour depuis que je suis rentrée est indicible. Simplement, tout est plus fort, plus vivant, plus intense, la joie est partout même dans le désert. Je sens que je pourrais marcher des jours dans le désert sans que ce feu s’éteigne. D’autres fois, je me sens comme un pèlerin assoiffé, fiévreux, en quête de quelque chose que j’ai goûté et que je sais là mais ne peux atteindre. Encore d’autres fois, j’ai envie de partager ce que je vis au monde entier et que le monde entier vive cette joie et cet amour mais seules quelques ami(e)s peuvent m’entendre.

Je sens que mon chemin prend une direction nouvelle et encore inconnue mais essentielle.J’ai une stabilité en moi, une forme de détermination, une force et solidité (qui était là, enfant) que je pensais ne plus jamais retrouver. Elle permet de choisir où je vais en refusant tout choix fait pour les autres, le seul choix qui existe est celui qui fait briller mon soleil.Je te remercie pour ta présence. Pour la première fois, j’ai vécu en moi la présence du maître : je m’abandonne complètement au maître et à son amour pour faire le pas que je ne pourrais pas faire sans lui. Une fois ce pas fait, je ne suis plus pour Etre encore plus. Une fois révélée, je tourne à nouveau.De chaque chute, j’en ressortais plus confiante, plus assoiffée, plus à l’écoute. Je m’offrais encore plus à l’expérience.

J’ai aussi appris et sentis la différence entre sautiller et l’appui des pieds qui permettent de trouver l’axe Terre-Ciel. Chaque pas est martelé par la musique qui me guide et me soutient. Cet appui permet la verticalité et l’équilibre. Sans lui, je vacille. C’est mon axe de gravité. Quand je tourne, cet axe se mêle à celui de la Terre. Quand je tourne, je suis incroyablement présente, – même si mon mental n’a plus d’accroche et a dû s’effacer pour que le vertige disparaisse – entièrement à l’écoute du corps et de cet axe et de la musique. Je suis contenue et rassemblée par cette écoute dans l’espace extérieur où je tournoie et dans mon corps : je suis alors une et rien à la fois. Les gestes sont encore pour moi mystérieux, je sens leurs différences et comment ils résonnent avec mon cœur. Mais je ne prends pas encore assez le temps de goûter les changements au ralenti, en lien avec le cœur.

J’ai tourné face au soleil le jour de Noël, les pieds dans l’herbe humide ; j’ai tourné à Nouvel An pendant une célébration avec des amis chers à mon cœur.
Grande Joie de vous retrouver.

Catherine : « mon esprit est plus ouvert »

Rana est un professeur hors du commun. Au rythme du daf, elle transmet son savoir sur la danse soufie avec tact, endurance, dynamisme et créativité. Sa présence et ses qualités d’oratrice nous permettent d’être guidé vers la découverte spirituelle intérieure de nous-même et de la sublimer dans la vie quotidienne.

Quand je suis emportée dans le tour, la pensée n’est plus et une nouvelle énergie s’ancre.

Depuis que j’ai rencontré cette danse enivrante, ma vision du tout a changé. Mon esprit est plus ouvert et une quête de vérité et d’amour s’est naturellement installée.Ici, je vous conseille particulièrement les séjours avec la compagnie l’Oeil Persan, le voyage est d’autant plus intense.